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ECOLE DE FOOT

Pas une fois les Basques ne se sont montrés dangereux. Mais aucun ne cherche d'excuse.
A défaut d'avoir été bons, les Bayonnais auront été beaux joueurs samedi soir. Quelques minutes après la fin de la rencontre perdue (0-2) contre
Vitré, alors que le vestiaire résonnait encore des chants bretons, pas un ne s'est hasardé à chercher des excuses. Plutôt des explications à ce revers qui finalement, n'a rien d'illogique. «
Franchement, de ce que j'ai vu sur le terrain, il n'y a rien à dire. Vitré mérite sa victoire. La moindre des choses, c'est de les féliciter », lâchait Manu Mérin, président un tantinet dépité
samedi soir. Même écho dans la bouche d'Alain Pochat. « C'est énormément de frustration, mais la victoire des Vitréens est méritée », soupirait l'entraîneur de l'Aviron. Une analyse très juste,
car bien mal inspiré celui qui aurait prétendu le contraire. Pas un instant tout au long des 90 minutes, Bayonne n'a semblé en mesure de prendre le jeu à son compte. Et a fortiori, d'espérer
l'emporter.
Mieux en deuxième période
Le 0-0 de la mi-temps est
bien payé pour les Basques. « On s'en tire bien, oui », reconnaissait Alain Pochat. Un peu frustrant pour les Bretons qui se sont procuré les meilleures occasions, touchant même le montant droit
de Bouet. La seconde période est à peine plus équilibrée. Pochat a certainement dû donner de la voix pendant la pause parce que ses joueurs montrent un meilleur visage au cours du second acte. Un
regain de forme et d'engagement qui a cependant plus tenu du feu de paille que d'artifice. D'où, encore, la frustration d'Alain Pochat. « Quand on joue un 32ème de finale de Coupe de France, on
doit tout lâcher, tout donner. Il faut être prêt au combat, gagner des duels. Au lieu de ça, on a joué petits bras, avec le frein à main ». Le président a trouvé ses joueurs « timorés ». Et il a
sans doute raison. Car des tribunes, c'était flagrant. Les Bayonnais ont été dominés dans le jeu, dans l'engagement, dans la hargne.
La trouille au ventre
Trop de ballons rendus ou trop vite perdus. Et une circulation de
balle très latérale, quand ce n'était pas vers l'arrière. Et trop peu de ballons vers l'avant vers des attaquants trop isolés pour porter le danger devant le but visiteurs. Autant de signes qui
trahissent une équipe qui joue avec la trouille au ventre. D'autant qu'en face, Vitré s'est ingénié à ne pas s'offrir. Peu de brèches, peu d'espaces. Et des latéraux qui n'ont rien laissé passer,
tout en proposant une implication offensive plus qu'intéressante. Alors les Bayonnais ont souvent été obligés de parer au plus pressé, souvent dans l'urgence. « Nous n'avons jamais été vraiment
dans le match, reconnaissait Marc Estrade. Nous n'avons pas pris les choses comme il le fallait. Nous avons été mieux en deuxième mi-temps, quand nous avons plus joué dans leur camp ». Sans
chercher de coupables à cette défaite, le défenseur central avance l'inexpérience de certains à ce stade d'une compétition qui requiert calme et sérénité. Surtout quand on joue contre une
supposée inférieure et qui vient bousculer la hiérarchie.
Marc Estrade ne cache pas son amertume. « Avant le match, on s'était dit
que quoi qu'il arrive, on ne devait rien regretter. Et là, on sort du match avec uniquement des regrets. C'est dommage que ça finisse comme ça. Ça finit trop vite. On a gagné des matches à
l'arraché, dans des conditions difficiles. Et là on perd chez nous, contre une équipe hiérarchiquement inférieure... » Soupirs. « Nous n'avons pas fait un tiers du match que nous avons fait
contre Nîmes (0-1) au tour précédent », soufflait encore Alain Pochat. Le but breton est un peu à l'image du match. Une succession de petites fautes bayonnaises, une défense qui recule sur un
joueur qui avance, seul, balle au pied alors que le temps additionnel a commencé à s'égrener. Une frappe, un rebond facétieux et un gardien qu'on ne peut accabler et joie de la colonie bretonne
venue en nombre supporter les siens. Des joueurs de l'Aviron plus spectateurs qu'acteurs sur ce coup-là qui ont compris que l'affaire était entendue.
Désormais, les Bayonnais vont devoir évacuer cette immense déception pour se reconcentrer sur le véritable objectif de la saison, le championnat. Le
calendrier leur donne une belle occasion avec la venue samedi à Didier Deschamps du leader istréen. « Il faut se laver la tête. Mais ce soir (samedi, NDLR), on ne mérite pas d'aller mieux »,
lâchait Marc Roland.
Antoine Tinel
Sud-Ouest (Lundi 5 Janvier)
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