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Aviron Bayonnais Football Club

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 13:39


Miser sur la formation selon Lizarazu, monter en Ligue 2 pour Deschamps et Larqué. Comment faire pour que le foot existe au Pays Basque ?
La décision de Manu Mérin de quitter la présidence de l'Aviron Bayonnais Football Club n'est pas anodine. Comme un jet d'éponge, même s'il s'en défend. Elle met en lumière une situation que le président sortant accepte de moins en moins. Et sans doute exacerbée par une fin de saison où l'Aviron a tremblé jusqu'à la dernière journée pour se maintenir en National.

Hier, dans nos colonnes, Manu Mérin fustigeait le « manque de reconnaissance des institutions ». Ce qui, traduit dans le langage d'un président de club, signifie un déficit de soutien, tant financier que structurel. Mettre sur le dos de ce manque de moyens la difficile saison des footballeurs bayonnais serait un raccourci un peu rapide. Mais pas forcément faux. L'argent étant « le nerf de la guerre », comme l'a rappelé Manu Mérin avant-hier, c'est donc ça qu'il manque à l'Aviron Bayonnais FC pour exister sereinement. Lui qui avec 1,1 million d'euros, a présenté en début de saison le plus petit budget du championnat.

Lizarazu s'engage à Croix-de-Savoie

Fer de lance du foot au Pays Basque, l'équipe entraînée par Alain Pochat, peine à trouver sa place. Car ici, le ballon rond joue dans l'ombre de son cousin ovale. Le rugby, étroitement lié à l'image de la région et très exposé médiatiquement a les faveurs des sponsors, des partenaires, et des institutions. Jean Grenet, maire de Bayonne, ne déclarait-il pas le 30 mars dernier que « jamais je ne réduirai la subvention à l'Aviron Bayonnais, jamais. C'est la priorité des priorités ».

Alors quelle solution ? Demander à Didier Deschamps et Bixente Lizarazu de venir donner un coup de main et une exposition médiatique ? « J'attends un geste de leur part », soupirait Manu Mérin mercredi matin. « Je n'ai pas le temps », assure Lizarazu qui en décembre est néanmoins devenu actionnaire, avec Zinédine Zidane et Franck Riboud (Pdg de Danone), du club de Croix-de-Savoie, lui aussi en National.

Deschamps : « en Ligue 2 »

Et quand bien même ces deux figures emblématiques du foot français s'associeraient, d'une façon ou d'une autre à l'ABFC, ce serait insuffisant selon Jean-Michel Larqué. Le président du district préfère voir un club professionnel naître sur la côte basque (lire ci-dessous). Une vision que partage Didier Deschamps. « Le district mériterait d'avoir un club en Ligue 2 », assure l'entraîneur de l'Olympique de Marseille. L'idéal serait donc que l'Aviron sorte du National, par le haut. Mais là, le serpent se mord la queue. Qui dit ambition dit moyens à la hauteur. D'autant que le National est un championnat particulier, que d'aucuns jugent « bâtard ». Ni vraiment pro, mais plus vraiment amateur et qui ne propose pas, en ce qui concerne Bayonne du moins, le frisson d'un derby ou une affiche capable de faire se déplacer les foules. « C'est une catégorie très difficile », confirme Didier Deschamps.

Bixente Lizarazu, lui, ne partage pas la vision de son ancien capitaine. « Le rugby prend trop de place ici. Un club pro n'a jamais existé, que ce soit à Bayonne ou à Anglet. Ce serait encore plus difficile aujourd'hui ». Le champion du monde 98, formé à Hendaye, prône un effort supplémentaire sur la formation. Avec une idée très précise sur la question : « Il faut qu'il y ait un vrai lien entre les clubs locaux et les Girondins de Bordeaux, arrêter d'envoyer des jeunes en Espagne ». En clair qu'Hendaye, l'Arin Luzien, les Genêts ou encore l'ABFC soient les pourvoyeurs de talents auprès des récents champions de France. Mais ces jeunes joueurs reviendront-ils jouer au club de leurs débuts ? Beaucoup moins sur...

Il reste bien l'union pour donner de la force au foot basque. Si L'ABFC n'a jamais caché sa volonté de se rapprocher des Genêts d'Anglet, le club du président Teleitche n'y est pas favorable. Pas pour l'instant. Les difficultés sportives rencontrées par les Genêts pourraient être un élément déclencheur vers une fusion des deux clubs. Une perspective alléchante aux yeux de Didier Deschamps : « Il vaudrait mieux un grand club qui regroupe tout le monde ». Belle idée mais qui, ici, peine à convaincre.

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COMMENTAIRES
Champions du Monde …
 
 

Le gros coup de ras-le-bol de Manu Mérin fait mal au coeur. Manu a fini par lâcher, abandonner, lui qui a tout vécu, tout connu et tout partagé du football dans un territoire qui tourne décidément bien trop ovale pour lui. Plus encore qu'il y a trois ans, et son premier coup de sang, ce départ semble définitif, irrévocable. Fatal quant à la représentation du football basque sur un plan national ? C'est à craindre tant, à partir de son seul charisme, et d'une vision objective donc raisonnée de sa pratique ici, il apparaissait comme le bâtisseur à même de porter sur ses épaules un projet structuré et cohérent, en rêvant de lendemains où le carrosse a remplacé la citrouille. Fatalement cela passe par un rapprochement des trois clubs qui jalonnent le BAB. Comme par un début d'implication des deux champions du Monde 98, Bixente Lizarazu et Didier Deschamps. La logique du sport d'élite veut que tout ce qui brille attire. Si on a bien compris que leurs emplois du temps respectifs ne leur permettaient pas le moindre investissement, il est en revanche plus difficile à admettre que leurs derniers liens avec le pays se tissent loin de celles et ceux qui ont contribué à leur réussite. Tant que l'un des deux n'aura pas usé de son pouvoir de séduction et clairement appuyé un projet viable, financièrement solide et structurellement soutenu par les collectivités, le football restera à une place qui n'est pas la sienne, au regard de la ferveur des licenciés, du talent des éducateurs qui fourmillent chaque week-end sur les terrains de la région. Et de s'inspirer d'Albert Einstein pour qui « c'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant que ce qu'il en a reçu ». Didier Deschamps et Bixente Lizarazu sont champions du Monde de football. Seront-ils les champions du foot basque ? C'est moins évident.

Antoine Tinel (Sud-Ouest – Vendredi 6 Juin)
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Jean Michel Larqué, Président du district des Pyrénées-Atlantiques.


Que vous inspire le départ de Manu Merin et son appel à davantage de considération ?

Ce qu’a fait Manu pendant 20ans est admirable. Il a tellement donné, s’est tellement investi pour mener ce club vers le haut niveau. Car ne nous trompons pas, Bayonne est un club qui cultive le haut niveau. Seulement, la division où il se trouve n’est pas un purgatoire mai véritablement un enfer. Manu comme d’autres dirigeants, a fini par s’épuiser. L’Aviron a les obligations d’un club professionnel sans en tirer les retombées, c’est horrible. Il y a quelques années, Jean Claude Plessis avait été chargé par la Fédération de réfléchir à une refonte du National à partir d’une commission. Ils ont dû se réunir une seule fois, le projet a été vite enterré. On n’a jamais posé les vraies questions sur cette division.

Une telle lassitude est-elle ressentie dans d’autres clubs de la région ?

On le sait, on nous l’a même écrit, les Pyrénées-Atlantiques sont loin de tout et surtout de « Dieu le Père ». La Fédération nous oublie trop souvent, pourtant nous sommes le seul district à avoir fourni 2 Champions du Monde, 2 vainqueurs de la Ligue des Champions. On a aucune leçon à recevoir de personne, les résultats sont là.

Justement, en s’investissant, Didier Deschamps et Bixente Lizarazu feraient avancer les choses, non ?

Ce n’est même pas ça. Il manque un statut au football basque, franchir un cap avec un club professionnel qui focaliserait les projecteurs. Le Pays Basque doit pouvoir accueillir à terme une équipe de Ligue 2, j’en suis convaincu et je ferai tout ce qui est en ma compétence pour y parvenir.

Une équipe de Ligue 2 entre deux clubs du Top 14 en rugby, c’est possible ?

Tout est possible même si ici, c’est vrai il y a tout. Ce sera moins compliqué pour l’Aviron Bayonnais de se maintenir en Ligue 2 que d’y accéder, le plus dur sera fait et il bénéficiera des droits TV qui font gonfler les budgets. Maintenant, comment y arriver ? D’autant que chaque saison, Bayonne se bat face à des équipes qui n’ont pas la moindre concurrence à leurs côtés.

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