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Aviron Bayonnais Football Club

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 13:28

Si près du rêve

Dignes de l'épopée 2004

Au terme d'un match très disputé, marqué par le but extraordinaire de Bidegain, l'Aviron s'est incliné d'un tout petit but (1-2) face à des Lyonnais qui ne paraissaient guère rassurés.

Les Bayonnais d'Alain Pochat ne disputeront pas un 8e de finale de Coupe de France, à l'instar des Bayonnais de Christian Sarramagna en 2004. Hier soir, ils se sont pourtant montrés dignes de leurs devanciers en faisant trembler jusqu'au bout l'énorme équipe lyonnaise. Il a fallu un coup-franc de Juninho à un quart d'heure de la fin pour débloquer une situation bien compromise par l'égalisation extraordinaire de Bidegain à l'heure de jeu. L'Aviron peut être déçu. Mais sur ce qu'ils ont montré hier, les Bayonnais peuvent espérer retrouver au terme du championnat CFA l'échelon National qu'ils ont quitté au printemps dernier. Au coup d'envoi, Gérard Houllier avait laissé quelques titulaires au repos, tels Abidal et Tiago. On notait surtout le retour de Caçapa en défense centrale et de l'avant-centre Fred, tous deux sortis de convalescence. L'Aviron alignait pour sa part une équipe attendue, composée pour moitié d'anciens de la glorieuse campagne de 2004 : Laporte, Estrade, Lestage, Louit et Lancien. Le champion de France imposait d'entrée sa maîtrise collective, sitôt le coup d'envoi donné par le rugbyman Richard Dourthe, vainqueur la veille au soir au même endroit. Lyon, ça va vite... Et dès le deuxième coup franc signé Juninho, à la 6e minute, un vent de panique soufflait sur la cage de Bouet, qui détournait comme il le pouvait l'essai de trente mètres. Mais c'est encore un coup de pied arrêté qui causait la perte de l'Aviron, un corner de Juninho détourné victorieusement dans les filets par la tête (déviée par Degoul) de Rémy.

Lyon trottine. A 1-0, l'OL pensait avoir fait le plus dur dans ce type de match où tout repose sur la vaillance du "petit", cramponné à son 0-0. Mais Lyon ne forçait pas son talent. Ca sentait le match de reprise, avec baisses de rythme et pressing par intermittences qui autorisait une lueur d'espoir aux Bayonnais. Les hommes de Pochat, positionnés en 4-4-1-1 avec le jeune Van Den Bruwaene en plaque tournante offensive, jouaient crânement leur jeu, sans tomber dans le piège des ballons balancés à l'aveuglette. Ils s'efforçaient au contraire de ressortir proprement de leur moitié de terrain, à base de passes courtes, avant d'opérer des renversements qui faisaient la part belle à Ludovic Louit sur son côté gauche et à David Lancien, plein de jus dans l'axe. Ces intentions méritoires ne débouchaient que rarement sur une menace concrète. El Hajjam adressait la seule frappe cadrée des siens dans la niche de Vercoutre (34e), avant un corner bouillant que Diarra sauvait de la tête (41e). Et Lyon dans tout ça ? Ca trottinait un peu. Les hommes de Houllier pouvaient cependant porter l'estocade à tout moment, qui par un Kallstrom super-actif (36e, 42e), qui par Fred, qui se voyait signalé hors-jeu alors qu'il concluait astucieusement un raid solitaire (39e).

Le but de sa vie. Cela se confirmait dès la reprise, quand Fred tirait au-dessus (48e). Lyon voulait manifestement en finir avec la résistance locale, en s'appuyant sur un Ben Arfa ressuscité dans son couloir gauche et en confisquant le ballon au milieu du terrain. Sans réussite. Le champion de France restait à portée de fusil des amateurs, et ceux-ci n'allaient pas se priver de régler la mire. A la 62e minute, le capitaine Michel Bidegain décidait ainsi de marquer le but de sa vie : un ballon mal dégagé par la défense lyonnaise, un contrôle de la poitrine à 25 mètres de la cage de Vercoutre à droite et une demi-volée fulgurante du droit qui laissait pantois la doublure de Coupet. Jean-Dauger, très calme jusqu'alors, plus spectateur que supporteur, explosait de joie tandis que Bidegain, fou comme un lapin, se précipitait vers un banc de touche versé dans un état second. Dès lors, on ne jouait plus du tout la même chanson basque. Galvanisés, les hommes de Pochat se faisaient pressants sur une arrière-garde lyonnaise au sein de laquelle Vercoutre et Squillaci n'avaient pas digéré le confit de la veille. De l'autre côté, Bouet sortait une tête brûlante de Benzéma (71e). Mais quand Lyon est en difficulté, sur quoi peut-il surtout compter ? Un coup franc de Juninho, bien entendu. Celui-là était situé à 25 mètres, excentré à gauche, ce qui n'empêchait pas sa frappe flottante de terminer dans le soupirail droit de Bouet (75e). Guère rassurés, les champions de France géraient l'ultime poussée de l'Aviron sans parvenir à enfoncer le clou. Mais à Jean-Dauger comme ailleurs, à la fin, c'est toujours Lyon qui gagne.

Sud-Ouest (lundi 8 janvier)

Fiers d'avoir montré une très belle image

Bayonne était heureux d'avoir été à la hauteur de l'événement

Le champagne a coulé à flot, hier soir, dans les vestiaires bayonnais. Pour la deuxième fois en moins de 24 heures. Les bulles ont rythmé ce pétillant week-end sportif dans la ville du roi Léon, avec un débit aussi impressionnant que le soir de la Saint-Sylvestre. L'élimination en Coupe de France était finalement anecdotique, au regard de l'immense bonheur des footballeurs bayonnais. Les hommes d'Alain Pochat et Cédric Pardeilhan ont largement rempli leur contrat en montrant une image positive de leur équipe devant 13 000 personnes présentes au stade et les téléspectateurs d'Eurosport. Au-delà d'une inespérée victoire, c'est le plus beau succès dont pouvait rêver les footeux dans ce territoire de rugby. « C'est vraiment une grosse satisfaction, souffle le président Manu Mérin. J'éprouve beaucoup de fierté. Notre équipe a été bien en place, le milieu défensif a fait un gros match, les autres aussi d'ailleurs. La qualité de ce match, c'est le reflet de ce groupe, sa valeur. On les inquiète jusqu'au bout. » Un peu plus loin, Alain Pochat ne cesse de répéter sa satisfaction, celle d'avoir contrarié Lyon : « C'est magnifique. Revenir au score devant l'Olympique Lyonnais, c'est vraiment un exploit, un rêve, et puis il y a le froid réalisme de Juninho... Des regrets ? Disons qu'on perd sur coup de pied arrêté, on savait très bien que c'était leur force, alors oui, cela laisse un goût amer. Sinon, on se voyait bien aller plus loin, jusqu'à la prolongation. Mais on a montré une bonne image, on n'a pas été ridicule. On peut dire que l'on sort grandi de l'affaire. »

Le piment de Bidegain. Et parmi ce torrent de bonheur, Michel Bidegain, le fabuleux buteur bayonnais, était sans doute le plus comblé. L'enfant de Souraïde, aujourd'hui installé à Espelette, est âgé à peine de 21 ans. Il a fait toute sa carrière à l'Aviron, et a su redonner espoir à tout un peuple en égalisant à la 62e minute. « J'ai la balle à 25 mètres des cages, décalé sur la droite, un ballon rebondissant. Je ne me pose pas de question, je frappe, et ça file droit dans la lucarne ! C'est super. Je ne marque pas souvent, mais quand c'est le cas, c'est de loin. Beaucoup de gens pensaient qu'on allait prendre une volée, et on a fait jeu égal, on contrarie les Lyonnais jusqu'au bout. En entrant sur le terrain, j'avais la chair de poule et les larmes aux yeux. On ne peut être que content de vivre des moments comme ça. » Cédric Pardeilhan, l'entraîneur adjoint, lui rend hommage : « C'est très bien que Michel ait marqué, c'est le capitaine, l'enfant du pays. Il est jeune et a d'énormes qualités. » Sur le match, le coach qui a vécu l'épopée 2004 comme joueur regrettait « de prendre deux buts sur coup de pied arrêté. Mais c'est Juninho, alors il n'y a vraiment pas à rougir. » David Lancien, lui aussi de l'aventure 2004, plaisantait : « J'espère maintenant que Lyon va gagner la Ligue des Champions. Comme ça, on pourra dire qu'on est tombé face aux champions d'Europe ! Michel met le but de sa vie, un but de Coupe. On vient de réaliser quelque chose d'extraordinaire. »

Aulas laisse la recette. Solidarité, complémentarité, application des consignes, engagement, les qualificatifs pour expliquer la résistance bayonnaise revenaient dans toutes les bouches. « Cela correspond à ce qu'on avait prévu, on mérite ce résultat. C'est Juninho qui décante la situation », souligne Alain Pochat. Un coup-franc magnifique dont le Brésilien a le secret. « Je ne pouvais pas l'arrêter, en plus j'ai été gêné sur le moment, explique le gardien Jean-Christophe Bouet. Mais bon je suis heureux, on en a pris plein les yeux. Tout le monde chantait, c'était un bon week-end sportif pour Bayonne.» Et comme décidément, tout va pour le mieux à l'Aviron, le président lyonnais Jean-Michel Aulas a versé la moitié de la recette qui lui revenait à Manu Mérin. « Il nous a laissé la recette, c'est un grand seigneur », signale le Bayonnais. Après les paillettes, place maintenant à la préparation du match à Aurillac en championnat CFA samedi, « Aurillac, son terrain gelé, sa température, 50 spectateurs, ce ne sera pas pareil », s'amuse Alain Pochat.

Sud-Ouest (lundi 8 janvier)

Héros jusqu'au bout

Hier soir, Michel Bidegain et Jean-Christophe Bouet étaient invités par Canal +. Histoire de poursuivre le rêve quelques heures encore. Rencontre

«Mais que fais-tu, tu arrives en skate ou quoi ? » Hier, 14 heures, accroché à son téléphone, Jean-Christophe Bouet se marre. Il attend depuis plus de 30 minutes son copain et capitaine Michel Bidegain. Le héros de la veille, l'auteur d'un but d'anthologie _comme aiment à dire les commentateurs de la petite lucarne_ récupère doucement d'une nuit forcément festive. Pourtant, leur temps est compté. À 16 h 20 ils doivent prendre l'avion de Paris. Michel et Jean-Christophe sont les invités de Canal + pour l'émission Jour de sport. « C'est sympa, sourit Christophe. Canal a pris nos billets, à Paris un taxi et des motards nous attendent pour rejoindre le studio le plus vite possible. Et à 22 heures, on reprend l'avion. La fête sera finie. » En attendant, le portier de l'Aviron essaie une chemise couleur ciel, dans la boutique Shilton, partenaire de l'Aviron. Françoise, l'employée, est ravie. « Ils sont beaux et ils ont été magnifiques, ils ont fait rêver toute la région. Ce soir encore, ils feront honneur à notre région ». Jean-Christophe est prêt. Toutes les trois minutes il sonne son copain Michel, histoire de lui mettre une pression totalement disparue depuis dimanche soir.

« Beaucoup de frustration ». Heureux de l'aventure dont il fut un des acteurs, le gardien se repasse le film. « Sur le premier but, je ne peux pas grand-chose. Mais c'est à ce moment-là que nous sommes véritablement entrés dans le match, que l'on s'est décomplexé. » Et le but de Juninho ? « Je ne l'ai pas encore revu à l'écran. Benzéma me gêne, je pars trop tard. C'est beaucoup de frustrations, je pense que je pouvais l'arrêter. Mais bon, des buts de Juninho, j'aimerai bien en prendre tous les samedis. » Il n'arrive pas en skate, mais très fatigué. L'homme à qui Jean-Michel Larqué a attribué un soulier d'or pour son but de folie, débarque à son tour en cabine d'essayage. « On a fait la fête, sympa, peinard. Avec quatre ou cinq joueurs et mes potes. Ce matin, après avoir dormi quelques petites heures, j'ai regardé le DVD que m'a offert le gars d'Eurosport. J'avoue que mon but est impressionnant. Sur le coup, c'est allé très vite. Je suis à une trentaine de mètres, je frappe bien, je sens que le ballon peut rentrer. Aussitôt je vois le banc se lever, le tableau d'affichage confirmer. C'est de la folie. » « À cet instant, poursuit Michel, j'avais envie de hurler, plus rien ne m'arrêtait. J'étais comme dans une bulle, je pensais à mille choses à la fois mais je suis incapable de dire à quoi ». Pourtant, en bon capitaine, Michel est vite redescendu sur terre. « Pour dire aux gars de rester calme, de ne pas s'enflammer pour ne pas en prendre un second juste derrière. » La suite, on la connaît. Michel, lui, l'a revue à l'écran. « C'est bizarre, à chaque action j'étais capable de dire exactement ce que l'on venait de se dire. Je crois que je connais le match par coeur. »

Week-end de rêve. Une chose est sûre, le DVD a déjà été copié et recopié. Pas question de perdre ces images que le buteur montrera à ses petits-enfants et leur racontera cette histoire incroyable. Il s'est entraîné dès hier soir, chez nos confrères de Canal +. Pour autant, Michel et son gardien de copain gardent les pieds sur terre. D'une seule voix ils annoncent leur prochain défi. Aller s'imposer dès samedi à Aurillac pour poursuivre l'aventure « et remonter en National pour les copains, l'entraîneur, le président et Bayonne. Parce que tous le méritent », lancent-ils. Ce matin, après une dernière soirée en héros devant les caméras de Canal +, Jean-Christophe retrouve le chemin du commissariat de police. « Je prépare le concours d'entrée pour le mois de juin. Ensuite, j'espère intégrer la compagnie sportive de la police, à Paris. Il faut penser à ma carrière professionnelle, dit le Dacquois, et si je peux poursuivre le foot à un bon niveau, ce sera parfait ». Michel Bidegain rejoindra aussi son école dès ce matin. Pour y poursuivre sa formation en comptabilité. Et y raconter, sans doute, son week-end de rêve. Leur dire que plus encore que l'image de son but, il n'oubliera pas son entrée au stade Jean-Dauger. « Une ambiance extraordinaire. J'en avais la chair de poule, les larmes aux yeux. »

Sud-Ouest (mardi 9 janvier)

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